L'Europe montre enfin son ambition de s'attaquer à la déforestation

L'Europe montre enfin son ambition de s'attaquer à la déforestation

En vue du vote de la loi contre la déforestation importée sur le marché européen ce mardi 13 septembre, plus de 200 000 citoyens ont envoyé des messages personnalisés aux député·es européen·nes pour exiger une ambitieuse protection des forêts. Et ça a payé ! Les député·es européen·nes ont voté aujourd'hui en faveur d'améliorations significatives des propositions sur la table. Une victoire pour la nature et pour la campagne #Together4Forests !

Ces dernières semaines, de nombreux partis ont voulu affaiblir le texte, si bien que l'on craignait que les ambitions de la loi soient revues à la baisse - Rendez-vous ici si vous avez besoin d'un récap. Mais c’est le contraire qui s’est déroulé aujourd’hui : le Parlement a décidé d'inclure « d'autres terres boisées » en plus des forêts. Il a également voté un plus grand nombre de contrôles de produits, des définitions plus claires de termes clés tels que « dégradation des forêts », et une gamme de produits visés élargie, qui comprend plus que seulement le bœuf, le soja, l'huile de palme, le caoutchouc, le bois, le cacao et le café.

Une victoire, donc !

Ce vote envoie un signal fort aux États membres de l'UE. Il montre que l'ambition est possible et que le Parlement européen est prêt à assumer la responsabilité de l'empreinte destructrice de l'UE sur la nature et les violations des droits humains qui vont de pair avec elle. Il prouve également que les citoyen·nes ont été écoutés dans leur appel à ne plus contribuer à la destruction de la nature et à la déforestation.

Toutefois, il manque un élément clé à la nouvelle législation européenne sur la déforestation : elle ne couvre pas tous les autres écosystèmes naturels en dehors des forêts. Le Parlement européen a renforcé la proposition de la Commission européenne en étendant l'application de la loi non seulement aux forêts, mais aussi aux broussailles et autres terres boisées. Ce qui signifie que de grandes parties du Cerrado brésilien seront protégées. Toutefois, il ne tient pas compte des prairies et des zones humides telles que la pampa ou le Pantanal, qui sont toujours menacées de destruction, notamment par la consommation européenne. Nous continuerons à faire campagne dans les mois à venir, pendant les trilogues entre la Commission européenne, le Conseil et le Parlement, dans l'espoir d'y parvenir encore.

Et Béatrice Wedeux, Senior Forest Policy Officer, de conclure: "Aujourd'hui, le vote du Parlement européen sur la loi forte contre la déforestation a été un oui clair : un "oui" à la réduction de l'empreinte de l'UE, un "oui" à la protection des forêts et des savanes et aux droits des peuples autochtones, et un "oui" aux appels des citoyen·nes européen·nes qui ne veulent pas alimenter la destruction de la nature par leur consommation. Espérons que les ministres belges adopteront une position tout aussi ambitieuse et s'efforceront d'inclure les savanes dans la législation lors des prochaines négociations."

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