TOGETHER4FORESTS

Pas de déforestation dans nos assiettes !

Les forêts sont essentielles à notre survie. Elles fournissent de l'oxygène à l'air que nous respirons, purifient l'eau que nous buvons et elles abritent également des millions de plantes, d'animaux et de nombreuses communautés locales. Par ailleurs, des forêts en bonne santé nous protègent des maladies, sans parler de leur capacité à absorber les émissions de carbone de l’atmosphère.

 

Malheureusement, une agriculture destructrice entraîne la dégradation de ces forêts et d'autres habitats naturels tel que les savanes et les zones humides. Sans le savoir, les Européens consomment des produits dont les ingrédients proviennent de zones déboisées ou d'autres habitats détruits. À l’heure actuelle, l'Union européenne (UE) autorise la commercialisation en Europe de ces produits. Cela signifie que nous mangeons nos forêts à notre insu. Nous voulons que la Commission européenne protège nos forêts et notre avenir, sans plus attendre !

En 2020, près de 1,2 million de personnes, dont presque 90.000 belges, ont participé à la consultation publique de l'UE sur la déforestation à travers la campagne « #Together4Forests » afin d’exiger une législation forte et ambitieuse pour réduire l'empreinte de l'UE sur les forêts et autres écosystèmes. C’est la participation la plus importante de l'histoire de l'UE à une consultation publique sur un sujet environnemental.

Chaque année, nous perdons une zone de forêt tropicale de la taille de la Grèce. Les produits que nous consommons ici en Europe contribuent à cette destruction.

 

QUEL EST LE PROBLÈME ?

Nous perdons des habitats naturels à un rythme alarmant. Au cours de la dernière décennie, l'Amazonie a perdu l’équivalent en surface boisée de plus de 8,4 millions de terrains de football, tandis que la savane la plus biodiversifiée du monde, le Cerrado, a perdu une superficie égale à 10 millions de terrains de football d'habitats naturels. En cause ? Une agriculture destructrice pour des produits de base, tels que le soja, utilisé dans l'alimentation animale, mais aussi l'huile de palme, le bétail, le cacao et bien d'autres encore. Ces ingrédients sont cachés dans les rayons de nos supermarchés, et très difficiles à éviter.

L'Union européenne doit jouer un rôle de premier plan dans la protection des forêts et des autres écosystèmes de la planète. Si nous n'arrêtons pas la déforestation, la dégradation des forêts ou la transformation d'autres écosystèmes, nous pourrions perdre notre lutte contre le changement climatique et l'effondrement de la biodiversité.

 

QUI EST RESPONSABLE ?

La déforestation et la destruction des écosystèmes sont des problèmes complexes dans lesquels nous sommes tous impliqués, consciemment ou non. À partir du La déforestation et la destruction des écosystèmes sont des problèmes complexes dans lesquels nous sommes tous impliqués, consciemment ou non. À partir du moment où l'Union européenne n'interdit actuellement pas les produits liés à la destruction de la nature sur le marché européen, ceux-ci peuvent se retrouver dans les rayons de nos supermarchés et dans nos assiettes au quotidien. L'huile de palme est un ingrédient présent dans bon nombre d’aliments transformés et dans les produits cosmétiques, tandis que le soja est donné aux animaux élevés pour la viande et les produits laitiers locaux.

L'UE est le principal importateur d'huile de palme et de soja, mais en Belgique, le cacao a également un impact énorme sur la déforestation. Notre objectif n’est pas d’interdire ces produits, mais de nous assurer qu'ils soient cultivés de manière durable. Pour ce faire, nous avons besoin d'une législation européenne forte.

QUELLE EST LA SOLUTION ?

Les consommateurs méritent d'avoir la certitude que leurs choix alimentaires ne contribuent pas à leur insu à la déforestation, à la conversion des écosystèmes et à la dégradation des habitats. Une loi forte, qui empêche les produits liés à la déforestation et à la dégradation des écosystèmes d'entrer sur le marché de l'Union Européenne d'ici la fin de 2021, peut permettre d'atteindre cet objectif. Une telle loi aurait un impact massif, et elle est actuellement en discussion à Bruxelles. Le WWF suit attentivement l'évolution et demande que les huit dispositions suivantes soient incluses dans la nouvelle législation :

  1. Les matières premières et produits placés sur le marché de l’UE respectent les critères de durabilité environnementale prévus par la législation de l’Union, en plus des lois des pays d’origine.
  2. La législation ne se limite pas à la déforestation et à la dégradation des forêts naturelles mais intègre aussi la conversion et la dégradation de tous les écosystèmes naturels.
  3. L’ensemble des matières premières et produits susceptibles d’être liés à la conversion d’écosystèmes naturels est concerné par la nouvelle législation.
  4. La législation doit garantir le respect des droits humains.
  5. La législation introduit des obligations en matière de diligence raisonnée, de traçabilité des matières premières et de transparence des chaînes d'approvisionnement pour les entreprises et le secteur financier.
  6. Des définitions claires sont fournies pour les termes et concepts utilisés dans la législation.
  7. La législation garantit une application harmonisée et une mise en œuvre rigoureuse dans les États membres et prévoit des sanctions efficaces, proportionnées et dissuasives.
  8. La législation s'appuie sur des mesures complémentaires pour lutter contre la destruction et la dégradation des écosystèmes naturels.