Repéré chez nous : le geai des chênes

Repéré chez nous : le geai des chênes

Des plumes bleu vif et un cri particulier, pas de doute, c’est le geai des chênes ! Cet oiseau très commun en Belgique ne se laisse pour autant pas facilement observer. En janvier, vous aurez peut-être la chance de le voir se nourrir si vous lui offrez de quoi se sustenter. Comment le repérer, le protéger et même le photographier, on vous dit tout ! 

Contenu proposé en collaboration avec Michel d’Oultremont - Chaque mois, nous vous emmenons désormais à la découverte d’un animal à observer en Belgique en vous promenant en pleine nature. À travers l’œil aiguisé du jeune photographe animalier belge Michel d’Oultremont couronné de nombreuses reconnaissances internationales, apprenons à nous émerveiller de l’incroyable diversité et de la beauté qui nous entoure.

Portrait Michel d'Oultremont
Michel d'Oultremont

Le portrait : le geai des chênes, l’alarme de la forêt 

Si vous trouvez une petite plume bleu vif en forêt, pas de doute possible, c’est un cadeau d’un geai des chênes ! Un peu plus petit qu’une pie, il est reconnaissable entre mille grâce à ses plumes colorées sur ses ailes. Le reste de son corps est brun-beige, avec des nuances de rose. Il arbore un bec assez court et foncé et, sous ses yeux, une petite tâche noire de chaque côté.

Le geai des chênes est un oiseau de forêt très commun en Belgique, qui fait partie de la famille des corvidés. Outre ses plumes bleues, le geai des chênes a un autre signe caractéristique qui le trahit.

« Ce qui est génial avec le geai, c’est qu’il est un détecteur naturel de mouvement, explique Michel d’Oultremont. Il crie pour tout et n’importe quoi. Il a été beaucoup persécuté dans le passé et son unique moyen de défense, c’est le cri et la fuite. Je l’appelle « l’alarme de la forêt ». Dès qu’il y a un animal plus gros que lui qui passe, il crie.

Quand je suis à l’affut, prêt à prendre des photos, le geai des chênes est à la fois mon compagnon et mon traitre. Compagnon, parce qu’il crie dès qu’il y a quelque chose à signaler dans la forêt. Pendant le brâme du cerf par exemple, s’il crie et que je sais qu’il n’a pas pu me voir moi, il y a beaucoup de chance qu’un cerf soit dans les parages.

Mais c’est aussi un traitre : si jamais il me voit, il va alerter toute la forêt de ma présence. En plus, les geais se répondent. Ils se passent le message du danger dans un rayon de 500 mètres. »

Geai

Repéré en janvier : le geai des chênes cherche de la nourriture

Le désavantage de ce bel oiseau farouche, c’est qu’il ne se repère pas facilement. « Il est très malin, et donc très craintif. Il est plus facile de l’entendre que de le voir. » 

Le plus simple est de le voir en vol : le petit éclair bleu de ses ailes le rend impossible à confondre avec un autre. Pour le voir de près, c’est une autre histoire. 

« Il faut vraiment être à l’affut ; il faut réussir à le duper. En janvier, le geai cherche beaucoup de nourriture. Il migre assez peu, sauf les années où le climat est extrême. En hiver, il va donc plutôt faire ses réserves. Et il est plus malin que l’écureuil : lui, il va retrouver la nourriture qu’il a cachée.  

Aussi, il observe beaucoup ce que font les autres animaux ; il va parfois voler ce que d’autres geais ou écureuils ont caché. De ce fait, quand lui cache des réserves, il le fait en étant le plus discret possible.  

En hiver, il se nourrit plus que d’ordinaire, pour compenser le froid. De manière générale, il est plutôt granivore, mais il peut s’accommoder de différents repas sans problèmes : fruits, œufs ou oisillons d’autres oiseaux ou même des insectes, s’il en trouve. »  

Geai

Protéger le geai des chênes 

La bonne solution pour les voir et les soutenir pendant la période hivernale, c’est de mettre des cacahuètes naturelles, pas salées, ou des graines de tournesol, dans une mangeoire.  

La mangeoire ne doit pas se situer trop proche de votre habitation. Si vous commencez à le nourrir, faites-le régulièrement. Comme pour l’écureuil, il est important de ne pas cesser de le nourrir jusqu’au mois d’avril. 

« Pour le moment, j’ai parfois six ou sept geais qui viennent manger les graines que j’ai disposées. C’est à ce moment que je peux vraiment les capturer en photo ; sinon, ils sont trop malins pour se laisser prendre. » 

La photo du geai des chênes

Geai

« C’est une photo que j’ai prise dans un affût que j’ai créé en Belgique. J’ai choisi l’avant-plan et l’arrière-plan pour que le geai soit pile dans un nid de feuilles.   

Quand le geai se pose, j’entends d’abord du mouvement dans les branches. Une fois posé, il est important de ne pas bouger du tout et d’attendre qu’il mange les premières graines. Il va les stocker dans son jabot pour aller les cacher en forêt. C’est là que je peux commencer à prendre des photos. Si je l’avais fait avant, il se serait envolé. Parce qu’au moindre bruit, il panique. » 

Cette photo d'écureuil, ainsi que 35 autres de Michel d’Oultremont, peuvent être admirées dans l’exposition en plein air à l’Abbaye de Villers-La-Ville, jusqu’au 13 février 2022.

Michel d'oultremont, photographe animalier
Originaire du Brabant-Wallon, Michel d’Oultremont est un photographe animalier passionné de faune sauvage. Depuis l’enfance, il capture l’instant sauvage, sans retoucher ses photos. Publié dans les plus prestigieux magazines animaliers, Michel d’Oultremont collectionne les récompenses internationales dont le « Rising Star Award » du Wildlife Photographer of the Year, remporté à deux reprises. Il collabore désormais avec le WWF, afin de faire découvrir les joyaux de notre faune sauvage et donner envie à toutes et tous de protéger cette nature fragile et magnifique dont nous avons toutes et tous besoin.

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