Un drone pour protéger la loutre… et toute la biodiversité
Un drone pour protéger la loutre… et toute la biodiversité
Grâce aux parents adoptifs symboliques de loutre, nous avons pu améliorer la protection du mustélidé en Belgique. Et bonne nouvelle : ce qui sert à une espèce profite souvent à tout un écosystème. C’est ainsi que nous sommes allés découvrir comment, dans la Vallée de l’Escaut, un drone thermique utilisé pour la conservation de la loutre permet aussi de sauver… des nids d’oiseaux menacés.
Aux premières lueurs de l’aube, les prairies, cours d’eau et terres agricoles de la Vallée de l’Escaut sont encore fraîches de la nuit. Robbert Schepers, du Paysage régional Escaut-Durme, sort un drone équipé d’une caméra thermique et déplie son écran de contrôle. Quelques minutes plus tard, l’appareil survole silencieusement le paysage encore endormi. Sur l’écran, les champs apparaissent dans des tons sombres et uniformes. Soudain, quelques petits points rouges attirent l’attention. Quelque chose est plus chaud que le sol alentour.
« Il faut voler très tôt le matin », explique Robbert. « Dès que le soleil réchauffe le sol, le contraste disparaît. »


Ces taches de couleur sont en fait des nids de vanneaux huppés ou de barges à queue noire. Invisibles à l’œil nu, camouflés dans les champs ou les prairies, ils apparaissent clairement grâce à la caméra thermique. Un constat s’impose : l’apparente uniformité du paysage (prairies monotones, terres nues d’apparence vides) regorge en réalité de vie. Des oiseaux nicheurs rares se cachent parmi les herbes et dans les mares, où la loutre vit également. Un réseau naturel de vie dont dépendent de très nombreuses espèces.
Pour les équipes de terrain, l’utilisation du drone constitue une petite révolution. Là où il fallait auparavant plusieurs heures, voire une journée entière, pour localiser un seul nid, et le sauver des moissonneuses-batteuses et autres mastodontes motorisés, le drone permet aujourd’hui d’en repérer, et donc d’en sauver, une cinquantaine en quelques heures seulement.

La force des partenariats locaux
Une fois les nids localisés, l’équipe cherche avec les partenaires la solution la plus adaptée : contourner le nid lors des travaux, déplacer temporairement un nid de vanneau huppé ou encore reporter une fauche jusqu’à l’éclosion des œufs. Tout le monde est prêt à aider ces petits êtres à naître. « C’est du travail sur mesure », explique Robbert. « Chaque exploitation est différente. Mais c’est justement cette approche qui fonctionne. »
Cette révolution technologique n’aurait pas vu le jour sans une collaboration étroite entre les équipes de terrain, les bénévoles et les agriculteurs et agricultrices de la région. Celle-ci montre par ailleurs qu’il est possible de concilier agriculture et biodiversité lorsque l’on travaille ensemble autour d’un objectif commun : protéger une espèce emblématique, ainsi que tout l’écosystème qui l’entoure.
Un drone acheté pour la loutre
Au mois de février, nous avions cherché le soutien de 150 parents adoptifs de loutre. Car, si l’espèce est bien de retour en Belgique, son avenir est encore très fragile, et nous avons besoin d’agir vite pour le sécuriser. L’action a remporté un véritable succès. Grâce aux 175 parents adoptifs (oui, plus qu’espéré !), nous avons notamment pu financer du matériel pour renforcer la protection de la loutre dans le Parc national de la Vallée de l’Escaut. Pièges photographiques pour les étudier, panneaux de signalisation pour limiter les accidents… et le fameux drone !

« Nous voulons construire une population durable », explique Peter Claus, chargé de mission nature et environnement au Parc national de la Vallée de l’Escaut. « Pour cela, nous devons travailler sur trois éléments : la qualité des habitats, la qualité de l’eau et la connectivité entre les différentes zones naturelles. »
Si le drone est aujourd’hui utilisé pour protéger les oiseaux des prairies, ce n’est pourtant pas pour eux qu’il a été acheté au départ. Grâce à sa caméra thermique et à son système GPS, il permet de mieux comprendre le territoire vu du ciel. Les équipes peuvent cartographier certains habitats, documenter des points de blocage pour la faune ou encore imaginer des projets de restauration écologique.

Robbert Schepers espère également pouvoir l’utiliser pour mieux comprendre les déplacements de l’une des habitantes les plus célèbres de la région : « Madame Eenoog », une femelle loutre borgne, très facilement reconnaissable. Des pièges photographiques ont déjà permis de montrer qu’elle emprunte régulièrement certains cours d’eau pour se déplacer entre plusieurs zones naturelles.
Le drone pourrait à l’avenir aider les équipes à repérer les endroits où elle trouve refuge ou les secteurs qui méritent d’être mieux protégés ou restaurés. Grâce à sa caméra thermique et à son système GPS, il permet de mieux comprendre le territoire vu du ciel. Les équipes peuvent cartographier certains habitats, documenter des points de blocage pour la faune ou encore imaginer des projets de restauration écologique.
Votre adoption en action
Le drone n’est qu’un exemple de ce que vous nous aidez à réaliser sur le terrain lorsque vous adoptez symboliquement une loutre. Merci à toutes celles et tous ceux qui nous aident à lui forger un plus bel avenir !