Plan de restauration de la nature : la Belgique manque l'échéance européenne

Plan de restauration de la nature : la Belgique manque l'échéance européenne

Namur, le 1 septembre 2026 — La surmortalité la plus élevée d'Europe pendant la canicule de juin. Plus de 3 000 hectares partis en fumée dans les Hautes-Fagnes. Et, le 1er septembre, une échéance européenne manquée : la Belgique n'a pas transmis son projet de plan national de restauration de la nature, notamment à cause du sérieux retard sur la partie wallonne. Les associations environnementales dénoncent “une indifférence politique qui coûte des vies et des milliards à notre pays”.  

Un été qui confirme l'urgence

Ce retard survient au terme d'un été qui restera comme l'un des plus destructeurs de l'histoire récente du pays. Selon Sciensano, la vague de chaleur du 18 juin au 1er juillet a provoqué une surmortalité (1) la plus élevée d'Europe, et 76 % en Wallonie , sans compter les innombrables animaux sauvages morts de chaleur ou de soif, les centres de revalidation (CREAVES) ayant dû refuser des prises en charge faute de capacité. Puis sont venus les incendies des Hautes Fagnes, dernier épisode en date d'un été où sécheresse extrême, canicules à répétition et feux de forêt ne sont plus des accidents isolés, mais le visage régulier de nos étés. Et la facture s'alourdit : selon l'assureur-crédit Allianz relayée par la Fédération des entreprises de Belgique, les vagues de chaleur extrême pourraient dégrader les soldes budgétaires d'environ 0,5 % du PIB par an (2).

« Pendant que les Belges meurent de la chaleur et que notre nature part en flammes, les gouvernements laissent de côté la solution la plus puissante et la moins chère pour nous rendre plus résilients face aux extrêmes climatiques : la restauration de la nature. Que la Belgique n’ait toujours ni plan, ni budget pour le financer, est totalement irresponsable. C'est aussi une question de sécurité », dénonce Alexia Vandenbergh, Responsable Politique Nature et Forêt chez Natagora.

La nature, une question de survie  face au dérèglement climatique

La réduction de nos émissions de gaz à effet de serre reste essentielle. Mais nous devons également renforcer notre résilience face aux conséquences de la crise climatique. Forêts, zones humides, prairies, arbres en ville : ces écosystèmes rafraîchissent l’air, stockent l'eau et le carbone, limitent les inondations et protègent la biodiversité. Leur pouvoir est mesurable : en pleine canicule de juin, un écart de près de 23 °C a été relevé entre le centre de Bruxelles et la forêt de Soignes, à quelques kilomètres à peine (3). C’est l'exact inverse de l'effet d'îlot de chaleur urbain.

« On en est arrivés à un point où restaurer la nature est devenu une question de vie ou de mort, pas seulement pour demain, mais pour le vivant d'aujourd'hui : la faune, la flore, et nous-mêmes. Plus de 40.000 citoyen·nes l'ont déjà dit en signant notre pétition "Pour le retour du vivant" », insiste Laurence Drèze, chargée de politiques de biodiversité au WWF.

L'outil existe, il ne manque que la volonté

Le règlement européen sur la restauration de la nature offre des réponses concrètes aux défis wallons : restaurer les écosystèmes agricoles, reverdir et rafraichir les villes, redonner de la place aux zones humides, reconnecter les espaces naturels. Les constats sont posés, les solutions sont prêtes : il n'y a plus aucune excuse pour tergiverser. Les associations environnementales exigent des ministres compétents qu'ils fassent de ce plan une priorité absolue, sans délai supplémentaire, et qu'ils l'assortissent, dans les discussions budgétaires à venir, des moyens financiers nécessaires, y compris pour la restauration des Hautes-Fagnes, et ce, pour qu'il soit enfin à la hauteur des enjeux. 

Si vous souhaitez vous aussi faire savoir à nos gouvernements que nous avons besoin d'un plan ambitieux pour la restauration de la nature, vous pouvez rejoindre cette pétition, déjà été signée par plus de 40 000 citoyen·nes.

FIN

Ceci est un communiqué de la Coalition Biodiversité, soutenu par les Cercles des Naturalistes de Belgique, Ardenne & Gaume, Forêt & Naturalité et Adalia. À propos de la Coalition belge pour la biodiversité :

La Coalition belge pour la biodiversité est un partenariat entre le WWF, BOS+, Greenpeace, Natagora, Natuurpunt, Canopea, Bond Beter Leefmilieu, Vogelbescherming Vlaanderen et la Ligue Royale Belge Pour la Protection des Oiseaux. La mission de la coalition est d'inverser la perte de biodiversité en Belgique et dans ses zones d'influence par un plaidoyer commun auprès des décideurs politiques fédéraux et régionaux belges. 

Notes aux éditeurs :

  1. https://www.sciensano.be/fr/coin-presse/la-surmortalite-durant-la-vague-de-chaleur-du-mois-de-juin-2026
  2. https://www.allianz-trade.com/fr_BE/actualites/dernieres-actualites/vagues-de-chaleur-ralentissent-croissance-economique-UE.html 
  3. https://www.facebook.com/European.Environment.Agency/posts/a-difference-of-nearly-23c-between-brussels-city-centre-and-the-sonian-forest-ju/1324685949840172/