Incendies dans les Hautes Fagnes - Une catastrophe écologique dans un milieu rare

Incendies dans les Hautes Fagnes - Une catastrophe écologique dans un milieu rare

Bruxelles, 18 août 2026 - Villages évacués, conséquences des fumées sur les voies respiratoires, notamment des plus fragiles, traumatisme face à l’ampleur de la catastrophe si près de chez nous. Les feux qui font rage dans les Hautes Fagnes sont le pire feu de forêt à toucher notre pays en cent ans, et nous confrontent durement à l’impact du changement climatique sur notre sécurité. « Ce qui part en fumée, c’est aussi notre patrimoine naturel. Les Hautes Fagnes abritent une nature particulièrement rare et riche en une biodiversité unique, chaque hectare compte », déclare Laurence Drèze, experte biodiversité au WWF-Belgique. 

Les hautes tourbières des Hautes Fagnes sont un écosystème rare et fragile qui a évolué pendant des millénaires pour s’adapter à des sols particulièrement pauvres en nutriments. « Il faudra des décennies au bas mot pour qu’il se reconstitue, et la présence de cendres entravera encore plus ce travail en modifiant l’équilibre du sol », poursuit Corentin Rousseau, biologiste au WWF-Belgique. 

Avec les tourbières qui s’embrasent, nous perdons également le résultat d’un travail de restauration de la nature absolument exemplaire : le projet LIFE Hautes Fagnes, qui visait à reconstituer certaines de nos tourbières qui avaient été asséchées dans le passé pour y cultiver des épicéas, a même reçu le prix « Best of the best » de la Commission européenne. « Nous avions vu des espèces très rares faire leur retour, comme le hibou des marais, la sarcelle d’hiver et la bécassine des marais », explique Corentin Rousseau. 

Signal d’alarme 

Ces feux sont aussi un signal d’alarme important face au changement climatique, démontrant encore l’ampleur de l’extrême sècheresse à laquelle toute la nature est actuellement confrontée en Belgique. Il faut absolument aider la nature en reconstituant des points d’eau et de fraîcheur, comme des mares et des marais, dans lesquels la faune, la flore et les humains pourront puiser en cas de besoin, notamment pour lutter contre les feux.  

De plus, une tourbière dégradée, c’est une arme précieuse qui perd son efficacité pour faire face aux conséquences du changement climatique : les tourbières stockent des quantités faramineuses de carbone et d’eau grâce à la sphaigne, une sorte de mousse qui agit comme une véritable éponge tout en acidifiant légèrement l’eau, ce qui limite la dégradation des matières organiques et permet donc son stockage. « En prenant feu, c’est cette éponge qui contribuait à nous protéger des sècheresses et des inondations et qui capturait le carbone, qui devient un émetteur de CO2… » regrette Laurence Drèze. D’où l’importance aussi de redonner à la nature toutes ses capacités de résilience : une nature en bonne santé est plus apte à résister aux effets du changement climatique. 

Restaurer à tout prix

Cette catastrophe nous rappelle que la restauration de ces habitats dégradés doit devenir une priorité absolue, tout en luttant en parallèle contre le changement climatique et se préparant à ses conséquences, sans quoi ces efforts seront réduits à néant par les sècheresses exceptionnelles récurrentes.  

Nous savons que la restauration de la nature fonctionne, nous savons aussi qu’elle est rentable, et qu’elle est nécessaire pour prévenir et nous adapter aux épisodes extrêmes à venir. « Le plan pour la restauration de la nature que la Belgique doit remettre au premier septembre est un des outils primordiaux dont nos gouvernements doivent se saisir. N’abandonnons pas les Hautes Fagnes », conclut Laurence Drèze. 

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Media Relations Manager
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À propos du WWF
Depuis plus de 60 ans, le WWF est l’une des principales organisations indépendantes de préservation de la nature et l’une des plus expérimentées. Il compte plus de cinq millions de membres, donateurs et donatrices, au sein d’un réseau mondial actif dans plus de 100 pays. Le WWF coopère avec d’autres acteurs pour mettre fin à la dégradation des milieux naturels sur la planète et œuvrer à un avenir où les humains vivront en harmonie avec la nature, par la conservation de la diversité biologique, la promotion d’une utilisation durable des ressources naturelles et la lutte contre la pollution et le gaspillage.