COP17 : Conclusion du WWF Les pays s'engagent à intensifier les mesures de restauration de la nature, mais le manque de financement entrave leur mise en œuvre
COP17 : Conclusion du WWF Les pays s'engagent à intensifier les mesures de restauration de la nature, mais le manque de financement entrave leur mise en œuvre
Bruxelles, le 31 octobre 2026 – Lors de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP17) qui s’est tenue en Arménie, les négociateurs représentant 182 parties se sont mis d’accord sur un plan d’action visant à accélérer la mise en œuvre des objectifs en matière de nature pour 2030. Les parties sont également parvenues à un consensus sur des questions importantes relatives au financement de la biodiversité et ont trouvé un moyen de promouvoir des approches fondées sur les droits humains. À l'issue d'un vote, il a aussi été décidé que la COP18 se tiendrait en 2028 à Quito, en Équateur.
Après deux semaines éprouvantes de négociations à Erevan, au cours desquelles les gouvernements ont évalué les progrès réalisés depuis l'adoption du Cadre mondial pour la biodiversité (Global Biodiversity Framework) en 2022, le WWF se félicite de l'adoption de la décision relative à cette évaluation mondiale. Cette décision reconnaît que les mesures sont insuffisantes et qu’il faut renforcer l’ambition dans leur mise en œuvre, en vue d’atteindre les objectifs en matière de nature fixés pour 2030.
La décision de la COP, baptisée « la Voie d’Erevan » (Yerevan Pathway), contient des lignes directrices qui ont fait l’objet de vifs débats, destinées à inciter les pays à accélérer et à intensifier leurs actions, notamment en ce qui concerne leurs engagements financiers, mais aussi à réformer au moins 500 milliards de dollars de subventions néfastes qui contribuent au déclin de la nature.
Un signal fort
L'évaluation mondiale réalisée à Erevan (Global Review) envoie un signal fort aux pays, leur indiquant qu'ils doivent redoubler d'efforts en matière de mesures en faveur de la nature. Toutefois, sans augmentation des moyens nécessaires à cet effet, il est à craindre que le financement reste le principal obstacle. Les négociateurs qui rentrent désormais chez eux doivent maintenant traduire cette évaluation en mesures claires et ciblées, visant à accélérer la restauration de la nature en transformant les secteurs et les activités les plus néfastes.
Les gouvernements ont peiné à s’accorder sur la manière dont le financement de la biodiversité sera organisé après 2030, mais ils sont finalement parvenus à un accord sur la liste des critères qui serviront de lignes directrices pour la structure du futur mécanisme financier permanent. Les parties ont également convenu d’élargir, sur une base volontaire, le nombre de pays donateurs contribuant au financement international de la biodiversité (à travers le Fonds pour l'environnement mondial (Global Environmental Facility) et le Fonds du Cadre mondial pour la biodiversité (Global Biodiversity Framework Fund).
Les progrès concernant le Fonds de Cali au point mort
Lors de la COP16 en Colombie, le Fonds de Cali, avait été salué comme l’un des principaux résultats de la conférence, mais les progrès concernant son mode de fonctionnement sont au point mort. Certains pays suggèrent que le fonds doive atteindre un seuil critique de 150 à 200 millions de dollars avant de pouvoir être activé. Ce fonds a pour objectif de collecter chaque année au moins un milliard de dollars auprès des entreprises qui utilisent des informations de séquençage numérique issues de ressources génétiques pour fabriquer des produits, par exemple dans l’industrie pharmaceutique, les détergents ou les cosmétiques. La COP18 devait servir à évaluer ce fonds, mais comme seuls 10.000 dollars avaient été promis à la clôture de la COP, les discussions de suivi lors des réunions intermédiaires revêtiront une importance capitale.
Garantir la participation pleine et effective des communautés locales
Lorsque la Convention des Nations unies sur la diversité biologique a été adoptée pour la première fois en 1992, l’un de ses principaux piliers consistait à garantir un partage juste et équitable des avantages découlant de la biodiversité, en particulier pour les pays et les communautés locales qui sont à l’origine de cette biodiversité. Près de 35 ans plus tard, nous ne voyons toujours pas les entreprises qui tirent profit de la nature partager leurs bénéfices avec les peuples autochtones et les communautés locales qui agissent en tant que gardiens d’une grande partie de la biodiversité dont dépendent ces entreprises. Il est grand temps de renverser cette tendance afin que les financements aillent là où ils sont le plus nécessaires.
Avant les négociations de la COP17, l’ONU a publié un rapport mondial qui met en évidence des lacunes importantes en matière d’approche fondée sur les droits humains et de participation significative de certaines parties prenantes lors de l’élaboration des mesures relatives à la biodiversité. Le WWF se réjouit que les parties soient parvenues, lors de la COP, à un compromis permettant de s'accorder sur les modalités de gouvernance de l'Organe subsidiaire chargé de l'article 8J de la Convention. Cet organe, créé lors de la COP16, joue un rôle essentiel pour garantir la participation pleine et effective des peuples autochtones et des communautés locales aux travaux de la Convention.
Quelques initiatives positives
En marge de la conférence, la présidence arménienne de la COP17 a également annoncé plusieurs initiatives positives, notamment la création d’un groupe de pays souhaitant accélérer la réforme des subventions néfastes à la nature, ainsi qu’une déclaration commune visant à harmoniser la mise en œuvre des trois COP consacrées au climat, à la nature et à la désertification. La présidence a par ailleurs annoncé que 1,8 milliard de dollars de promesses de financement avaient été mobilisés par les participants au cours de la conférence. Le WWF se réjouit également du premier dialogue entre ministres de l’Environnement et des Finances, organisé par la présidence de la COP17 à Erevan.
Le WWF espère que ce dialogue contribuera aux changements majeurs qui s’imposent dans divers secteurs économiques clés. « La biodiversité ne concerne pas seulement les animaux sauvages, mais aussi les écosystèmes qui assurent notre survie et celle de nos économies. La nature nous fournit de la nourriture, de l’eau potable, de l’air pur, assure la pollinisation des cultures et garantit des sols sains, qui constituent le fondement de la sécurité alimentaire mondiale », rappelle Guido Broekhoven, directeur mondial des politiques multilatérales au WWF International.
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