Eurythenes plasticus, le nouveau visage de la crise des plastiques

2020-03-05 09:00:02

Des biologistes marins de l’Université de Newcastle (Royaume-Uni) ont fait une découverte inquiétante lors d’une mission dans l’Océan Pacifique, entre le Japon et les Philippines. Dans la fosse des Mariannes, la plus profonde fosse océanique du monde, ils ont découvert une nouvelle espèce d’amphipode contaminée par du plastique. Le crustacé a été nommé symboliquement Eurythenes plasticus. Le WWF qui a soutenu la recherche, appelle à un accord international pour mettre fin à la pollution plastique.

Dans le corps d’Eurythenes plasticus, les scientifiques ont révélé la présence de polytéréphtalate d'éthylène (PET), une substance présente dans les bouteilles d’eau et les matières textiles. La recherche, soutenue par le WWF, a été publiée ce jeudi 5 mars dans la célèbre revue scientifique Zootaxa.

Sarah Vanden Eede, chargée des océans et pêcheries au WWF-Belgique : La nouvelle espèce Eurythenes plasticus nous montre à quel point les conséquences de notre mauvaise gestion des déchets plastiques a un impact important. Certaines espèces vivant dans les endroits les plus profonds et les plus reculés de la planète ont déjà ingéré du plastique avant même d’être découvertes par l’être humain. Les plastiques sont dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons et maintenant aussi chez les animaux qui vivent loin de la civilisation humaine. »

Les déchets plastiques belges se dirigent aussi vers la mer

Avant de pénétrer dans le corps des animaux marins, nos déchets plastiques parcourent un long voyage. Le point de départ se trouve souvent dans les pays industrialisés. Depuis que la Chine a interdit l’importation de déchets plastiques européens le 1er janvier 2018, la Belgique cherche à envoyer nos montagnes de déchets dans d’autres pays. En 2018, nous avons exporté 71 millions de tonnes de déchets vers la Turquie, un pays qui ne dispose pas d’une bonne infrastructure pour traiter ces déchets : la majorité d’entre eux se retrouvent dans des décharges ouvertes et se retrouvent dans les cours d’eau. Une fois dans l’eau, les déchets plastiques se brisent en microplastiques et se propagent dans l’océan où ils sont ingérés par des animaux marins comme Eurythenes Plasticus.

Le WWF demande un accord international

Pour mettre fin à la pollution plastique marine à l’échelle mondiale, nous avons besoin d’une solution globale. Pour atteindre cet objectif, le WWF a lancé en 2019 une campagne internationale appelant à un traité juridiquement contraignant pour réduire les déchets plastiques, améliorer la gestion des déchets et mettre fin à la pollution plastique marine.

Chaque minute de chaque jour, au moins un camion chargé de déchets plastiques pénètre dans nos océans. Afin de mettre fin à cette énorme attaque de déchets plastiques, le WWF a lancé une pétition mondiale, qui a déjà été signée par plus de 1,6 millions de personnes à travers le monde.

Sur https://wwf.be/fr/campagnes/pollution-plastique/petition/, les citoyens peuvent demander à leurs gouvernements de s’engager à œuvrer en faveur d’un traité international juridiquement contraignant.

 

Pour toute demande d'interviews et matériel photo/vidéo: 

Jessica Nibelle | porte-parole et attachée de presse WWF-Belgique | 0474/327.247 | jessica.nibelle@wwf.be

 

Note aux rédacteurs :

Le PET, la substance présente dans le corps du crustacé, est couramment utilisé pour fabriquer des bouteilles en plastiques et des fibres textiles jetables. Dans l’océan, le PET et autres matières plastiques peuvent se lier aux polluants industriels et chimiques qui, une fois dans l’environnement, se biodégraderont à un rythme extrêmement faible. Les microparticules de plastique trouvent facilement leur chemin dans le corps des animaux marins  et, par voie de consommation, également dans le corps humain. Jusqu’à présent, il n’y a pas suffisamment de recherches sur les conséquences de cette forme de contamination sur la santé humaine. Une chose est certaine cependant : les plastiques contiennent souvent d’autres additifs qui nuisent aux animaux marins et peuvent également contaminer le corps humain par la chaîne alimentaire.