WWF madagascar header WWF madagascar header

Des ingénieures solaires apportent la lumière dans leur village

L’éducation, ce n’est pas uniquement l’apprentissage prodigué aux enfants. Dans beaucoup de ses projets, le WWF intègre un volet consacré à la sensibilisation et la collaboration avec les communautés locales, de manière à leur donner plus d’autonomie tout en protégeant la nature. Un projet mené à Madagascar et soutenu par le WWF constitue un bel exemple de cette approche.

Les forêts tropicales de Madagascar abritent de nombreuses espèces animales menacées, telles que des makis et des sifakas. Malheureusement, de plus en plus de forêts disparaissent parce que les communautés isolées sont habituées à la culture sur brûlis, la coupe illégale du bois et l’utilisation de sources d’énergie non durables pour satisfaire leurs besoins en énergie. De la sorte, ils mettent en danger non seulement leurs ressources vitales, mais aussi la biodiversité et les nombreuses espèces animales qui vivent dans la forêt. De plus, 80 % de la population malgache n’a pas accès à l’électricité.

Le WWF souhaite encourager les communautés à opter pour une agriculture durable et mieux gérer leurs ressources naturelles. C’est pourquoi nous avons lancé, en partenariat avec le WWF-Madagascar et Barefoot College, un projet visant à fournir des villages situés à proximité de zones boisées essentielles en électricité issue de panneaux solaires.

Dans le cadre de ce projet, 19 femmes provenant de différentes régions de Madagascar ont suivi une formation d’ingénieur solaire au Barefoot College en Inde. Durant six mois, elles y ont appris à fabriquer et entretenir des panneaux solaires. De retour chez elles, ces femmes ont installé des panneaux solaires pour leur communauté, ce qui leur a permis d’amener l’électricité dans des villages reculés et de partager leur nouveau savoir. Grâce à elles, 800 familles utilisent désormais de l’énergie solaire à Madagascar, ce qui concerne environ 5 000 personnes au total.

L’énergie solaire réduit les émissions de CO2, augmente les revenus, favorise l’emploi et l’autosuffisance des communautés villageoises. L’accès à l’éclairage et à l’électricité fait en sorte que des enseignants viennent au village et permet aux enfants d’étudier après le coucher du soleil. Les villageois ne doivent plus recourir à des lampes à huile polluantes et les villages voisins montrent à leur tour de l’intérêt pour le projet. Mais les rapports sociaux sont également profondément transformés dans les villages. Grâce à leurs compétences en tant qu’ingénieures solaires, les femmes jouent désormais un rôle plus important dans l’organisation des communautés.

Magan Knawar, qui a suivi la formation et qui forme désormais elle-même des ingénieures solaires, se souvient que son beau-père lui avait dit qu’elle ferait mieux de tricoter des pulls plutôt que de rêver d’aller à l’école. « Mais je voulais faire autre chose que seulement cuisiner et donner naissance à des bébés. Cette école m’a permis de trouver un sens à ma vie ».

Grâce à ce projet, la confiance envers le WWF s’est aussi fortement accrue et les villageois souhaitent désormais contribuer à une meilleure protection des zones naturelles.

Le ministère malgache de l’Énergie a décidé de collaborer à l’extension du projet et offrira son soutien à la création d’un Barefoot College à Madagascar en 2018. D’ici 2030, il compte sur la formation de 744 femmes ingénieures solaires. Ce seront alors 630 000 nouvelles familles qui auront accès à l’électricité.

 

 

  • Région
    Corridor forestier Ambositra – Vondrozo (COFAV), Madagascar
  • Durée
    2013-2018
  • Partenaires
    WWF-Madagascar, Barefoot College
  • Objectif
    Approvisionner les villages reculés de Madagascar en énergie solaire et les aider à gérer durablement les ressources naturelles afin de protéger les forêts tropicales de Madagascar