WWF carpates karpaten header WWF carpates karpaten header

Cœur vert de l'Europe

PROTÉGER LA NATURE SAUVAGE DES CARPATES

 

Les trésors inviolés du Maramures 

La région du Maramures compte 10 000 km² de forêts denses et sauvages, de sommets escarpés et de vallées agricoles. Elle abrite une biodiversité d’une richesse exceptionnelle et près d’un tiers de sa superficie est protégée. Cette région se situe entre la Roumanie et l’Ukraine, au cœur de la chaîne montagneuse des Carpates. 

Depuis 2012, le WWF-Belgique soutient le renforcement et l’élargissement des territoires naturels inviolés qui s’y trouvent, où l’on croise encore de grands prédateurs tels que l’ours brun, le loup et le lynx, ainsi que le bison d’Europe et nombre d’autres espèces uniques.

L’impact des activités humaines 

Bien dissimulée dans les hautes montagnes, la nature des Maramures fut longtemps difficile d’accès. Mais depuis la chute du régime de Ceausescu, ce territoire a également commencé à se peupler, le développement humain entraînant peu à peu la dégradation de la nature. 

Les routes et les constructions fragmentent des zones autrefois intactes. La déforestation incontrôlée et souvent illégale menace les forêts de la région. Des infrastructures touristiques, des pistes de ski, des routes et autres projets de développement détruisent la nature sauvage. Cela résulte d’activités souvent illégales, menées à l’intérieur même des frontières des parcs nationaux et autres territoires protégés.

L’ours brun sous pression

Les Maramures abritent aujourd’hui une population de 200 à 250 ours bruns du côté roumain de la frontière et 180 à 220 du côté ukrainien. 

L’intensification des activités humaines et la déforestation qui s’ensuit augmentent le risque que les différentes populations d’ours se retrouvent isolées les unes des autres. Les ours ne peuvent plus non plus se déplacer librement à la recherche de nourriture ou de refuges. De plus, l’isolement des populations entraîne une perte de diversité génétique et menace ainsi la perpétuation de l’espèce.

Le WWF en action

En juin 2012, cinq ours ont été équipés d’émetteurs GPS. Des caméras à infrarouge avec détecteurs de mouvement ont aussi été placées à des endroits stratégiques. Le suivi des ours permet de collecter des informations précieuses sur la façon dont ils se nourrissent, les lieux où ils trouvent refuge et leurs déplacements.

Parallèlement, la région est entièrement cartographiée et les habitats les plus importants pour la survie des ours sont localisés avec précision. Le WWF a par ailleurs identifié les « corridors »

qu’empruntent les ours pour se déplacer d’une zone naturelle à une autre. Actuellement, le WWF entreprend des démarches afin que ces territoires soient protégés et étendus. La création et la protection de corridors reliant les différentes zones naturelles est l’une des principales stratégies développées par le WWF pour préserver la biodiversité sur de vastes territoires.

Le WWF a identifié 14 600 hectares de zones naturelles à protéger et à relier par des corridors écologiques afin de permettre aux ours de migrer librement dans la région des Maramures.

En 2017, nous voulons atteindre 270 000 hectares de nature protégée et entièrement interconnectée. 

Le retour du bison d’Europe

Le WWF-Belgique collabore également avec ‘Rewilding Europe’ pour la réintroduction du bison d’Europe dans les montagnes Tarcu, dans le sud des Carpates. En 2015, comme l’année précédente, 14 bisons ont été conduits dans une zone d’environ 160 hectares où ils peuvent paître librement. Les animaux pourront s’habituer peu à peu à la vie sauvage et renforcer la cohésion sociale du troupeau. Dans un second temps, les animaux seront relâchés dans une zone Natura 2000 de 59 000 hectares où vivent également des loups et des ours. Un centre pour les visiteurs y proposera des activités axées sur la découverte de la nature des Carpates et des bisons en particulier. Rewilding Europe et le WWF y relâcheront chaque année des bisons afin de constituer à l’horizon 2024 une population sauvage de quelque 300 bisons d’Europe.

Écotourisme 

Pour sensibiliser les habitants des Maramures au caractère exceptionnel autant que fragile de la nature qui les entoure tout en les associant aux projets de conservation, le WWF promeut l’écotourisme dans la région. Une population d’ours en bonne santé, des forêts protégées et une culture unique devraient pouvoir renforcer le secteur touristique et, par conséquent, l’économie locale.

Plus d'informations